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Abeille noire
Au rucher
Biodiversité
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Concept de rucher conservatoire

Certains groupes d'apiculteurs nous ont interrogés dans le passé sur la manière de gérer notre rucher conservatoire. Un tel rucher est une entité constituée de colonies à conserver pour leurs qualités, notamment dans notre cas, le fait d'être de race noire. Souvent ce rucher n'est constitué que de quelques colonies, de l'ordre de 10 à 50 selon les cas.

Puisque l'asbl Mellifica prétend faire de la conservation, il semble logique à certains que nous entretenions un tel rucher. Aussi étonnant que cela puisse paraître, nous n'avons pas de tel rucher ! Nous développons une autre approche que nous croyons plus adaptée à la conservation à long terme de notre abeille.

Le but de la conservation n'est pas de conserver telle ou telle colonie, même si cela peut surprendre à première vue. Une colonie précise est par nature éphémère de par la durée de vie limitée de sa reine ; et les filles de reines de grande qualité ne ressemblent pas tout à fait à leur mère.

Conserver une race d'abeilles n'est donc pas synonyme de conserver des colonies. Ce sont les caractères génétiques de ces colonies qui doivent donc être conservés, à savoir les gènes. Ceux-ci "voyagent" d'une colonie à l'autre au cours des générations et des croisements. Pour éviter leur disparition (ce que les généticiens appellent l'érosion génétique), il faut un grand nombre de colonies.

Dans une population de très grande taille (plus de 1000 colonies), le pool de gènes est conservé sans problème. On ne se soucie donc plus de savoir comment on va conserver telle ou telle colonie intéressante : la problématique se déplace au niveau des gènes qui se transmettent et se conservent sans difficulté dans une population de ce type.

Le meilleur moyen d'assurer la conservation est donc de définir une zone géographique de conservation au sein de laquelle les colonies (plusieurs centaines, voire plusieurs milliers) sont dispersées dans un certain nombre de ruchers; les apiculteurs propriétaires

Cette méthode est la plus simple puisqu'il suffit de laisser faire la nature. Cette méthode est aussi compliquée car il faut préserver la région de l'arrivée de races allochtones, comme la buckfast, la carnica… Ici aussi, il faut voire les choses au niveau de la population et des gènes et ne pas s'évertuer à chasser la dernière colonie croisée de la zone de conservation. Cela ne servirait pas à grand chose et demanderait une énergie considérable. Le raisonnement est évidemment tout différent pour une zone située autour d'une station de fécondation ; des reines de race pure doivent pouvoir y être produites et là, les mâles de races étrangères présentent une réelle nuisance.

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